Le 11 octobre dernier avait lieu au Moulin Michel de Bécancour l’événement « Le numérique qu’ossa donne? » et j’ai envie de répondre « Plus que des outils! »

Plus que des outils

Cette demi-journée de conférences organisée par Culture Centre-du-Québec, la Direction régionale du MCC et Québec numérique, a mis en lumière diverses potentialités du numérique, en passant par les laboratoires vivants et l’entrepreneuriat culturel (muséolab du DigiHub de Shawinigan) ainsi que le projet de création en téléprésence « Les offrandes » (le réseau Scènes ouvertes et sa technologie SCENIC).

Par ailleurs, l’intervenant Mériol Lehmann a su dévoiler que le numérique n’est pas seulement une question de technologie. En effet, et comme l’a répété à sa façon Claudine Drolet du Digihub : on choisit une techno pas seulement pour choisir une techno, mais parce que celle-ci sert davantage le projet, la vision artistique sous-jacente. Le numérique en contexte culturel ne se résume pas aux outils, mais a pour vocation notamment de mettre en valeur notre patrimoine à travers des projets innovants.

« Les fondements de la pensée numérique sont dans l’ADN des artistes »

Le numérique, c’est davantage une façon d’interagir entre êtres humains et d’aborder la connaissance, et comme l’a affirmé M. Lehmann, « les fondements de la pensée numérique sont dans l’ADN des artistes ». Tout le schéma de pensée proprement numérique est présent depuis longtemps déjà dans la pensée même de l’artiste, avec

  • sa pensée itérative (le mouvement de l’idée qui épouse de fait le mouvement créatif propre à l’artiste : se remettre en question constamment pour s’améliorer) ;
  • son innovation (pour regarder les choses autrement – l’artiste pense différemment) ;
  • sa créativité, co-créativité et collaboration (toujours collaborer pour avancer ensemble) ;
  • et ses valeurs de partage et d’ouverture.

Et c’est, entre autres, pour cela que les artistes et les organisations culturelles sont les mieux positionnés pour s’approprier le virage numérique!

De la magie de la téléprésence au partage des connaissances

La présentation du projet « Les offrandes » a mis en évidence la force de la coordination dans un contexte de co-création et de collaboration. En effet, grâce à la téléprésence, artistes et techniciens se sont lancés dans une aventure itérative évidente, leur permettant de développer des compétences – à ce point que l’équipe a monté un programme de formation! Ainsi, ils font bénéficier leurs pairs de leur apprentissage et enrichissent les pratiques du milieu.

De la recherche pour une meilleure maîtrise

Même si le milieu culturel présente de grands atouts pour s’approprier le numérique, la technologie entraîne souvent plusieurs séries de changements organisationnels et autres. Plusieurs études sont amorcées pour mesurer et comprendre l’impact de ces changements. Jean-Robert Bisaillon et Thierry Gateau étaient sur place pour nous présenter une étude pour laquelle ils sont mandatés. Cette dernière a pour but de comprendre les bouleversements occasionnés par le numérique dans les chaînes de valeur de l’écosystème culturel.

Ce travail est encore à ses débuts. Il sera fort intéressant de surveiller ses premières étapes et résultats.

On se retrouve le 6 décembre?

Le monde du numérique continue à façonner nos manières d’entreprendre et d’agir. C’est pourquoi la communauté technoculturelle de Centre-du-Québec se donne un deuxième rendez-vous le 6 décembre pour continuer la réflexion sur la transformation numérique et ce qu’elle implique. Restez à l’affût!

 

Billet rédigé avec la collaboration de : Samiha Hazgui